P101 · Témoignage Fanara Vincenzo (instruction 26/04) · page 2/3
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témoignage · importance moyenne

à cheval, dont j’appris ensuite qu’il s’appelait Mario, et l’autre à pied mais armé d’un fusil ; et ils se mirent à passer au milieu de la vigne, à quelques pas de nous les ouvriers. Mario précédait l’autre, Lorenzo, d’une vingtaine de pas. Quand il fut presque tout près du Curatolo, celui-ci, qui en voyant arriver les Napoli avait pris le fusil déposé là tout près, dit à Mario : « il me semble un abus (soverchieria) que vous passiez au milieu des plants » ; et l’autre répondit : « si tu es un homme, fais-moi faire demi-tour ». À ces mots, Lorenzo, qui s’était toujours plus rapproché, pointa le fusil contre Curatolo, lequel fit le même geste avec son propre fusil. Aussitôt Mario, descendu de cheval, tira un coup de pistolet contre Curatolo ; celui-ci alors, dirigeant le fusil contre lui, déchargea contre lui les deux canons à la fois, et l’atteignit au visage, car je le vis tout de suite ensanglanté. Immédiatement Mario tira l’autre coup de pistolet contre Curatolo, lequel, resté avec le fusil déchargé, se tourna un peu, présentant le flanc droit pour venir se mettre parmi nous les ouvriers ; mais en faisant ce mouvement, Lorenzo tira son fusil contre ledit Curatolo, qui aussitôt, en disant « je meurs, ma mère, ils m’ont tué », tomba et ne donna plus signe de vie. Je me rendis compte alors que la balle du coup de fusil de Lorenzo, entrée par le dos, lui avait transpercé le cœur

Conventions : [mot?] lecture incertaine · [a/b] alternatives · ⟨…⟩ glose de l'éditeur · barré raturé dans l'original.

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