P093 · Ordonnance Camera di Consiglio - début du récit des faits · page 2/3
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ordonnance · importance élevée

⟨suite de la phrase commencée en P092⟩

… afin d’aller disposer les outils agricoles avec lesquels ils avaient travaillé le jour dans un des fonds qui est dans la partie inférieure de celui d’Aula, Leonardo Napoli, partant d’un autre [fonds] qui est dans la partie supérieure, avec trois de ses ouvriers qui portaient les outils, passa par la partie mise en semis dudit podere (domaine) Aula. S’en étant aperçu [?], la victime Curatolo, qui est gardien dudit domaine, lui en fit reproche, et Napoli répondit par quelques mots de vague menace. Laquelle fut mise à exécution le lendemain par les autres frères Mario et Lorenzo Napoli — car ceux-ci, Mario muni [?] d’un pistolet à trois canons, et Lorenzo d’un fusil, lui, à deux canons, partant de leur fonds inférieur, se mirent à passer au milieu de la partie du fonds Aula fraîchement [?] plantée en vigne, que divers ouvriers agricoles étaient en train de piocher sous la surveillance de Curatolo — Mario allait devant, à cheval sur une jument, et Lorenzo le suivait à pied à peu de distance — Les voyant [?] venir, Curatolo prit le fusil qui était déposé à peu de distance et apostropha Mario en lui disant que [ce n’était pas ?] bien de lui faire [un tel affront ?] en passant par cet endroit — Celui-ci lui répondit en le défiant de le faire reculer — Sur ce, Lorenzo, qui s’était approché toujours davantage, pointa son fusil sur Curatolo, et celui-ci pointa aussi le sien sur lui — À ce geste, Mario sauta à bas de sa monture et tira un coup de son pistolet sur Curatolo, lequel, resté indemne, dressa son fusil vers lui et lui déchargea un premier coup — Curatolo et Napoli Mario déchargèrent ensuite tour à tour les autres [seconds] coups de leurs armes respectives ; des deux, le premier parut être resté indemne, tandis que les petits projectiles du fusil de Curatolo avaient blessé Mario au visage ; et Curatolo, resté avec son fusil déchargé, songea à se réfugier au milieu des ouvriers voisins, mais Lor⟨enzo⟩ Napoli réussit à bien le prendre pour cible et à tirer sur lui un coup de son fusil, de sorte que le gros projectile entra par le côté droit du dos et sortit par le côté gauche du thorax ; et comme, selon ce que rapporte l’autopsie, il avait aussi, dans son trajet, traversé le ventricule droit du cœur, le pauvre homme, titubant sur quelques pas, alla tomber mort sur la limite d’un fonds d’un autre propriétaire qui confine avec celui de l’Aula.

Napoli Mario fut conduit, pour y être pansé, dans cet Hôpital civique [de Trapani] où il fut déclaré en état d’arrestation par les [carabiniers royaux ?], et les diverses constatations générales relevèrent [?] de petites blessures causées par de petits projectiles tirés par arme à feu, dont quelques-unes au visage, quelques-unes au-dessus du creux axillaire droit et dans la [région claviculaire ?], et quelques-unes sur le dos de la main gauche, qui dans l’ensemble guériront en [40 ?] jours.

Ici à Trapani, le même jour, la Sûreté publique (P.S.) crut devoir faire arrêter l’inculpé Vito [Napoli ?], qui était venu accompagner son frère Mario à l’hôpital, mais cette chambre du conseil, dès le 29 dudit avril, ordonna sa mise en liberté provisoire.

⟨paraphe en marge droite : G. Zagari⟩

Conventions : [mot?] lecture incertaine · [a/b] alternatives · ⟨…⟩ glose de l'éditeur · barré raturé dans l'original.

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